Le marché de gros de l'électricité
L'électricité s'échange sur des marchés de gros avant d'arriver chez vous :
Achat/vente pour le lendemain (day-ahead) et l'intraday. C'est le « prix de l'heure », qui reflète l'équilibre instantané offre/demande.
Contrats calendaires (Cal+1, Cal+2…) pour livrer dans 1, 2 ou 3 ans. C'est ce que regardent les fournisseurs pour construire une offre prix fixe.
Le prix de gros dépend de l'offre (disponibilité nucléaire, hydraulique, renouvelables, imports) et de la demande (météo, activité économique). En 2022, la baisse de disponibilité du parc nucléaire français et la crise gazière ont fait exploser les prix (jusqu'à plus de 1 000 €/MWh en pointe), avant un retour vers 60-90 €/MWh en 2024.
Sur le marché européen, le prix de l'électricité est souvent déterminé par la dernière centrale appelée pour équilibrer le réseau — fréquemment une centrale à gaz (mécanisme du « merit order »). D'où la corrélation forte gaz ↔ électricité observée pendant la crise.
L'ARENH expliqué simplement
L'ARENH (Accès Régulé à l'Électricité Nucléaire Historique) a été créé par la loi NOME (2010). Principe : EDF, qui exploite le parc nucléaire historique financé par tous les Français, doit vendre une partie de cette électricité à ses concurrents à un prix régulé, pour qu'ils puissent proposer des offres compétitives.
Un tarif inchangé depuis 2012, fixé par les pouvoirs publics — sans lien direct avec le prix du marché.
Relevé exceptionnellement à 120 TWh en 2022 pour amortir la crise des prix de marché.
Les fournisseurs alternatifs demandent leur part d'ARENH une fois par an, sur la base de leur portefeuille de clients.
Quand le prix de marché est très supérieur à 42 €/MWh (comme en 2022-2023), l'ARENH agit comme un bouclier : il tire les offres vers le bas. Quand le marché est sous 42 €, l'ARENH n'a plus d'intérêt.
La fin de l'ARENH au 31 décembre 2025
Le dispositif ARENH prend fin le 31 décembre 2025. Tous les contrats d'électricité qui s'appuyaient sur une part ARENH doivent être repensés pour 2026. Si votre contrat court au-delà, vérifiez la clause de répercussion fin ARENH — sinon vous pourriez subir une hausse à la bascule.
Votre adresse + le profil de votre bâtiment → vos obligations datées (Décret Tertiaire, BACS, calorifugeage, DPE, CEE…) avec un compte à rebours personnalisé, et le suivi de vos échéances.
Le dispositif post-ARENH : le VNU (depuis 2026)
Le mécanisme qui remplace l'ARENH s'appelle le VNU — Versement Nucléaire Universel. Il a été inscrit dans la loi de finances 2025 (votée en février 2025) et s'applique depuis le 1ᵉʳ janvier 2026. À partir de cette date, EDF vend toute sa production nucléaire au prix de marché — il n'y a plus de quota à prix régulé comme avec l'ARENH.
- Un prix de référence moyen visé autour de 70 €/MWh pour la production nucléaire (contre 42 €/MWh sous l'ARENH)
- Un mécanisme de redistribution universelle : quand le prix de marché dépasse certains seuils, une partie des revenus d'EDF est captée et reversée à TOUS les consommateurs, quel que soit leur fournisseur. Taux de prélèvement croissant : environ 50 % au-delà de 78 €/MWh, jusqu'à environ 90 % au-delà de 110 €/MWh
- Le premier taux unitaire du VNU a été fixé par les pouvoirs publics avant le 1ᵉʳ décembre 2025 pour une application dès janvier 2026
- Pour les industries électro-intensives, le VNU est complété par des CAPN (Contrats d'Allocation de Production Nucléaire) : des contrats de long terme directement avec EDF
- Objectif : lisser les prix et protéger les consommateurs des flambées, tout en assurant le financement du parc nucléaire
Fini la « part ARENH » qui tirait les offres vers le bas. En 2026, votre prix dépend davantage du marché de gros, avec le VNU comme filet de sécurité en cas de flambée. Le timing d'achat et la structuration du contrat (fixe / indexé, durée, clauses) deviennent encore plus décisifs — c'est précisément là que le courtage apporte de la valeur.
Les modalités précises (taux exact, seuils définitifs) continuent d'évoluer. Un courtier suit ces évolutions et adapte votre stratégie d'achat en conséquence.
Le marché du gaz (PEG / TTF)
Le gaz s'échange également sur des places de marché :
L'indice de référence pour le marché français du gaz naturel.
La référence européenne (Pays-Bas), largement suivie par l'ensemble des acteurs du marché.
Le prix du gaz dépend des stocks européens, des approvisionnements (GNL, gazoducs), de la météo et de la géopolitique. La crise de 2022 (réduction des flux russes) a fait flamber le TTF, avec un effet domino sur l'électricité.
Le mécanisme de capacité
Pour garantir l'approvisionnement en période de pointe (hiver), la France dispose d'un mécanisme de capacité : les fournisseurs doivent détenir des garanties de capacité couvrant la consommation de pointe de leurs clients. Ce coût (quelques €/MWh) apparaît parfois séparément dans les offres (« hors capacité »). Attention en comparant deux cotations : vérifiez si la capacité est incluse ou non.
Certaines offres affichent un prix attractif… hors capacité, hors certificats, hors évolutions réglementaires. Le prix réel facturé peut être sensiblement plus élevé. Comparez toujours des offres « tout compris » équivalentes — c'est un point que le courtage vérifie systématiquement.
Les indices à suivre
Pour comprendre l'évolution de votre prix dans le temps, voici les principaux indicateurs de marché :
| Indice | Ce qu'il mesure |
|---|---|
| EPEX SPOT FR | Prix day-ahead de l'électricité en France |
| Futures électricité (Cal+1, Cal+2) | Cotations à terme sur EEX — référence pour les contrats à prix fixe |
| PEG / TTF | Prix du gaz, marché français et européen |
| Prix ARENH (jusqu'en 2025), puis indicateur post-ARENH | Référence régulée pour la part nucléaire historique |
| Prix de la capacité | Coût des enchères EPEX pour la garantie d'approvisionnement de pointe |
FAQ
Dois-je m'inquiéter de la fin de l'ARENH pour mon contrat ?
Si votre contrat actuel intègre une part ARENH et court en 2026, oui : il faut anticiper la bascule vers le nouveau dispositif. Faites vérifier votre clause de répercussion et préparez votre stratégie d'achat 2026 dès maintenant.
Le VNU sera-t-il moins avantageux que l'ARENH ?
Le prix de référence du VNU (environ 70 €/MWh) est plus élevé que les 42 €/MWh de l'ARENH, mais le mécanisme de redistribution universelle protège des flambées (reversement aux consommateurs au-delà de 78 puis 110 €/MWh). L'impact net dépend du niveau des prix de marché — à surveiller de près.
Pourquoi mon prix a baissé en 2024 mais pas autant que le marché ?
Si vous aviez signé un prix fixe au pic 2022-2023, vous êtes bloqué sur ce niveau jusqu'à l'échéance. D'où l'importance du timing et de ne pas se réengager trop longtemps en haut de cycle.
Votre adresse + le profil de votre bâtiment → vos obligations datées (Décret Tertiaire, BACS, calorifugeage, DPE, CEE…) avec un compte à rebours personnalisé, et le suivi de vos échéances.